Il y a deux sortes de clients. Ceux qui aiment ouvrir leur back-office WordPress, et ceux qui m’envoient un message : « Tu peux changer le plat du jour ? », « On est fermés lundi, tu peux le mettre ? », « Le nouveau single sort vendredi. »
Les seconds sont de loin les plus nombreux. Et pour eux, j’ai arrêté de faire des sites WordPress.
Le back-office qu’on n’ouvre jamais
Un restaurateur n’a pas le temps de retrouver son mot de passe, de comprendre pourquoi l’éditeur a changé depuis la dernière fois et de chercher où se cache la carte. Alors il ne le fait pas. Il m’écrit, et c’est très bien comme ça.
Mais dans ce cas, le back-office ne sert à rien. Pire : il coûte. Un site WordPress, c’est un cœur, un thème et des extensions à mettre à jour en permanence, des licences à renouveler, et une porte d’entrée de plus pour les pirates. La faille PHP d’octobre 2026 l’a encore rappelé : un site peut être exposé sans que personne n’ait rien touché.
Tout ça pour un éditeur que personne n’ouvre.
Le principe : un site simple, et un message suffit
Pour ces clients, je fais désormais des sites statiques : des pages en HTML et CSS, avec juste ce qu’il faut de JavaScript. Pas de base de données, pas d’extensions, pas de back-office.
Pour le modifier, il suffit de m’écrire, comme avant. La différence, c’est ce qui se passe ensuite : je transmets la demande à Claude Code, un agent d’intelligence artificielle relié au site. Il fait la modification, le site est vérifié, puis mis en ligne.
En moyenne, il se passe trois minutes entre le message du client et la publication.
Chaque version du site est conservée. Si une modification ne convient pas, on revient à la précédente en un instant.
Ce que ça change
- La vitesse. Sans base de données ni constructeur de pages, les pages sont légères et s’affichent immédiatement. Mesurés avec Lighthouse, l’outil de Google, les trois sites que je gère de cette façon obtiennent entre 97 et 100 sur 100 en performance sur mobile, et le contenu principal s’affiche en moins de 2,5 secondes. La vitesse compte pour les visiteurs pressés, et pour Google.
- La sécurité. Pas de WordPress à mettre à jour, pas d’extension vulnérable, pas de page de connexion à attaquer. Il reste un site, un serveur et un nom de domaine à surveiller, mais la surface d’attaque fond.
- La sobriété. Un hébergement minimal suffit, et il n’y a plus de licences d’extensions à payer chaque année.
- La tranquillité. Le client ne change rien à ses habitudes : il écrit, c’est en ligne.
Trois sites qui fonctionnent comme ça
- Bouillon Archers, restaurant à Grenoble. La carte change souvent et existe aussi en anglais. Le site était sous WordPress, il ne l’est plus.
- Yamato Ramen, restaurant de ramen à Grenoble. Horaires, fermetures exceptionnelles, allergènes : tout se met à jour sur demande.
- Good Brat, groupe de garage rock grenoblois. Une date de concert, un nouveau single, un message suffit.
Quand je ne le recommande pas
Ce n’est pas la bonne solution pour tout le monde, et je préfère le dire tout de suite.
- Vous vendez en ligne avec un vrai catalogue : stocks, variantes, paiement, comptes clients. Une boutique WooCommerce reste plus adaptée.
- Vous publiez vous-même, souvent, à plusieurs, et vous aimez voir votre page se construire sous vos yeux. Un éditeur visuel comme WordPress a alors tout son sens, et je continue d’en faire.
- Vous voulez pouvoir tout changer à 23 h un dimanche sans passer par personne. Ici, les demandes passent par moi.
Les questions qu’on me pose
Et si l’intelligence artificielle se trompe ?
Elle ne publie rien toute seule : c’est moi qui lui transmets la demande, et le site est vérifié avant d’être mis en ligne. Et comme chaque version est gardée, une erreur se corrige en revenant à la précédente.
À qui appartient le site ?
À vous. Il est installé sur votre serveur, avec votre nom de domaine. Seul l’outil qui fait les modifications est le mien.
Et si je veux changer de prestataire, ou revenir à WordPress ?
Rien ne vous retient. Le site est écrit en HTML et CSS, les langages de base du web : n’importe quel développeur peut le reprendre. Et si vos besoins évoluent, on peut toujours repasser sur WordPress.
En résumé
Si votre back-office prend la poussière et que vous m’écrivez déjà pour chaque changement, un site statique vous apporte la vitesse et la sécurité, sans rien changer à vos habitudes.
Votre site WordPress vous semble lourd pour ce que vous en faites ? Parlons-en.
